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  • : Bienvenue sur mon blog consacré à la musique d'antan. Vous trouverez des articles aussi bien sur la théorie musicale que la partie instrumentale (tonalité, accords...) composition d'un orchestre harmonie/fanfare...
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Vendredi 12 janvier 2007

Je donne le nom d'Harmonie à la réunion de différents instruments intelligemment groupés, destinés a produire des SONS de timbres savamment variés.

Cette définition, fait comprendre que seule la composition des musiques n'est pas facultative, mais basée sur des règles fixes dont il ne faut pas s'écarter, celle-ci nous montre aussi que ses qualités principales doivent être la sonorité, la variété du timbre et la puissance, résultant de sa plus grande analogie avec l'orchestre de symphonie.

Anciennement, ce que nous appelons aujourd'hui la " Composition des Orchestres " était attribuée à l'évolution tout aussi lente des instruments de musique.

Ce n'est qu'aux XVIII ème et XIX ème siècle que les instruments à vent se sont perfectionnés, afin de permettre des Modulations sur tous les Tons et une aisance de jeu et de virtuosité suffisante pour égaler le rôle des Cordes. Avant cela, les différents instruments de la catégorie des Vents étaient disséminés selon les formes de Musique.

 Les Trombones par exemple, étaient réservés à la Musique religieuse et leur emploi était encore rare avant les oeuvres de Haendel. Les Clarinettes garnissaient les rangs des Orchestres d'Opéra à Venise, à Vienne et à Hambourg au XVIII ème siècle et n'ont servi dans les Orchestres qu'à partir de la seconde moitié du siècle.

En effet, pour une musique destinée a s'exécuter en plein air, il faudra une sonorité brillante et nourrie, capable de charmer les auditeurs malgré les bruits étrangers au milieu desquels elle devra jouer.

Un concert, interprété par un orchestre d'Harmonie est tout d'abord un plaisir, un plaisir auditif, vient ensuite le plaisir des yeux ; celui de voir tout l'orchestre, ainsi que le Chef.

Il a toujours été impressionnant d'observer l'ensemble des musiciens durant l'exécution d'une oeuvre.

La densité sonore, ajoutée à la multitude de détails visuels qui se déploient devant soi, exalte les sens, elle les oriente dans la perfection de la grandeur et de la beauté.

Pour assurer une bonne transmission acoustique, les instruments à clefs sont disposés au devant de l'Orchestre, leur rôle de noyau et d'interprète mélodique justifiant leur proximité du Chef pour un meilleur contact, la raison la plus importante réside cependant dans leur infériorité sur le plan de la projection sonore.

On entendra clairement tout instrument à vent, Bois ou Cuivre, ayant une capacité de projection plus grande que celle d'un instrument à cordes, il en est de même pour les instruments à percussion. 

En outre, il faut qu'elle soit douce, veloutée et variée, ce qui ne s'obtient que grace à la diversité du timbre.

Les instruments employés dans l'orchestre d'Harmonie se divisent naturellement en trois groupes bien distincts.

 


 

1° Groupe : ( instruments doux ) Bugles, Cors, Barytons, Basses, Contrebasses.

2° Groupe : ( instruments brillants ) Cornets, Trompettes, Trombones.  

3° Groupe : ( instruments à anche ) Clarinettes, Hautbois, Bassons, Saxophones, Hautbois..

A ces trois groupes il faut ajouter d'abord les Flûtes, puis les instruments à percussion, composés de la Caisse claire, de la Grosse caisse, et des Cymbales. 

J'appelle Fanfare, un corps de musique exclusivement composé d'instruments en cuivre.

Cette organisation ne nécessite qu'un nombre d'exécutants bien inférieur à celui d'une Musique d'Harmonie, cela se comprend puisque tous les instruments en Bois n'y figurent pas. 

Une fanfare a ses exigences spéciales, plusieurs instruments en cuivre peuvent former une Musique, mais si on néglige de les coordonner avec intelligence, selon leur genre de sonorité, leur diapason leur timbre on tombera infailliblement dans une monotonie déplorable.

Plus une musique est dépourvue de variétés de timbres, plus il est indispensable de créer des effets qui puissent doter l'exécution d'un intérêt dont elle se trouve naturellement privée.

En dehors des trois qualités mentionnées dans le chapitre précédent, la SONORITE, la PUISSANCE, la VARIETE des TIMBRES qui s'obtiennent par la combinaison d'instruments et leurs division par groupes, il en existe trois autres, non moins essentielles à une musique, qui dépendent particulièrement du personnel, je veux parler de la JUSTESSE, de la PRECISION et de l'ENSEMBLE.Celles-ci ne peuvent être acquises que par un classement logiques des élèves, d'après leur degré musical.

Dans toute société musicale, on peut diviser en trois séries les exécutants qui en font partie, ceux qui, bons lecteurs ont l'oreille musicale et possèdent bien leur instrument, ceux qui maitrisent leur instrument mais qui lisent passablement et qui n'ont pas l'oreille habituée à une musique d'ensemble, et enfin ceux qui possèdent un degré musical inférieur.

Il est donc indispensable dans un corps de musique de classer les élèves par degré de force de manière qu'ils puissent toujours se prêter un mutuel appui et de ne jamais les changer de place, l'accord des instruments ne se soutient d'ailleurs que par cette entente réciproque de chaque instrumentiste et de ceux qui l'entourent.

Cette sorte d'affinité qui s'établit entre eux forme un tout qui, s'il n'est pas la justesse parfaite, est tout au moins une justesse supportable.  

La Sonorité : Il arrive parfois que les Solistes font seuls l'objet de toute l'attention du Directeur, c'est sur eux qu'il concentre toutes ses observations.

Les Solistes : c'est sur eux que reposent les plus lourdes charges du répertoire, ils sont toujours remarqués et applaudis.

Le Directeur les choisis, les conseille, les initie avec patience à tous les secrets d'une bonne et pure exécution, les autres musiciens sont totalement négligés, il ne se préoccupe rarement dont est donné le coup de langue, de l'accentuation, de la durée et de l'intensité de chaque SON.

Cette indifférence pour la partie de la Société la plus nombreuse, la plus assidue, la plus intéressante est blâmable, elle peut engendrer deux grands défauts qui proviennent de la masse des exécutants, le manque d'ensemble, le manque de justesse.

Le Manque d'ensemble ; Pour produire un SON, il faut rapprocher l'embouchure des lèvres et faire mouvoir la langue comme si on voulait lancer un morceau de papier dans l'instrument, en ayant soin de prononcer la syllabe ( tu ou ta ) ce mouvement s'appelle Coup de langue, on peut tirer correctement un SON sans l'employer, les notes provenant d'un coup de gosier ou de l'émission pure et simple du souffle sont défectueux, leur Sonorité est mauvaise et tardive, ce défaut d'articulation se désigne sous le nom de SONS Poussés.

Le SON Poussé ;  dans les instruments en cuivre et principalement dans les graves en raison du grand développement de leurs tubes n'arrivent pas immédiatement à l'oreille de l'auditeur.

Le Manque de justesse ; Peu importe qu'un instrument exécute convenablement un SOLO, si le reste de la musique attaque durement dans le FORTE, mollement dans le PIANO et le SON Poussé, cette calamité dominent l'exécution générale.

Lorsque, dans le PIANO, les accompagnements poussent le SON au lieu de l'attaquer franchement en donnant le coup de langue, ils baissent ostensiblement la TONALITE, tandis que le CHANT qui, d'ordinaire tient a se faire entendre et remarquer reste toujours dans le même diapason, quand suivirent le FORTE, au contraire les exécutants qui accompagnent, après un repos obligé dans le PIANO attaquent avec ardeur et donnent trop de SOUFFLE, ils font hausser sensiblement le diapason, les instruments chantants alors profitent pour la plupart de la rentrée de la Batterie pour se reposer ou souffler moins fort. 

Il faut donc donner toujours le Coup de langue, aussi bien dans le PIANO que dans le FORTE, il faut également que l'embouchure reste appliquée aux lèvres et que la différence d'intensité du SON ne provienne que de la quantité de vent émise dans l'instrument.

Qu'on se souvienne, dans le PIANO, l'instrumentiste doit pincer le moins possible afin de ne pas monter, la pince des lèvres suit en progression constante la qualité de souffle dépensée, dans le FORTE, il faut la soutenir le mieux possible et dans le PIANO, la diminuer sans exagération cependant de manière à ne pas altérer la justesse.

Une grande pratique, jointe à une étude raisonnée peut seule faire connaitre le rapport qui doit exister entre la tension des lèvres et la qualité du souffle.

Les variations du diapason d'un instrument à embouchure dépendent de la force et de la pression des lèvres, lorsqu'une de ces causes diminue, il faut amoindrir l'autre, le meilleur moyen d'acquérir cette mémoire mécanique des lèvres consiste a FILER des SONS, c'est à dire a attaquer une note très PIANO, a l'enfler insensiblement jusqu'a ce qu'on arrive à la donner très fort, pour ensuite diminuer la sonorité et la terminer en mourant.

L'instrumentiste peut facilement avec l'exercice des SONS filés, obtenir une grande souplesse de lèvres qui sera pour lui une garantie d'une bonne exécution, ne jamais oublier que rien n'est plus difficile en musique que de soutenir une RONDE avec justesse uniforme.

Beaucoup de sociétés pèchent par l'absence de toute rigueur, leur exécution est monotone et incolore, elles ont cependant de bonnes intentions mais n'obtiennent qu'une dureté âpre et désagréable ; défaut qu'il ne faut pas confondre avec l'énergie qui est une qualité.

Le directeur doit soigner tout particulièrement la justesse et la sonorité des parties intermédiaires, les sociétés qui possèdent de bons accompagnements se font toujours remarquées avec intéret.   

par Monard Henry publié dans : La Sonorité
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